Chapitre 1 : Comment tout a commencé
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<<POV Séréna>>
ll est sept heure : le réveil sonne. Je sors ma tête de sous ma couverture, attrape ce foutu truc et l'envoie valser contre le mur. Gagné, j'entends plus rien ! Non mais qui est le sombre crétin qui a inventé les réveils ? Qu'il sonne ou non, je vais pas en cours... J'essaye de me rendormir, peine perdue. Je sors donc de mon lit, et avance comme un zombie jusqu'à la salle de bain.
Je tombe face au miroir... je voudrais bien l'éviter, mais il est juste en face de la porte, impossible de le louper... J'ai l'air d'un mort vivant. Mes yeux surtout font peur... ils sont tout rouge. J'ai encore bien dû chialer moi... J'arrange la catastrophe comme je peux avec mon maquillage. Je n'aime pas trop me maquiller, j'ai l'impression que c'est un moyen pour moi de camoufler ce que je suis, et ce n'est pas ce que je veux... mais il est trop tard pour faire marche arrière maintenant. J'ai commencé, j'assume.
Après m'être maquillée, je m'attaque à mes cheveux. Alors là, galère. Va falloir que je pense à les couper. Mes cheveux brun clair me tombent un peu au dessus des fesses. Je ne les aime pas. Je les ai décoloré plusieurs fois, et maintenant j'ai des mèches blanches et blondes dedans, qui ne remontent même pas jusqu'à la racine. Malgré tout ce que je peux dire, je ne veux pas aller chez le coiffeur. D'abord, j'ai pas un rond, et c'est pas maman qui m'en donnera. Elle doit penser que j'achète de la drogue ou autre chose, alors elle ne me donne jamais rien. Je lui en piquerai bien, mais je l'ai déjà fais tellement souvent qu'elle ne laisse plus traîner son argent, impossible de dénicher le moindre centime dans cette maison. Et c'est pas faute de chercher...
Et puis après, même si j'ai de la tune, pas la peine de me pointer chez le coiffeur, pour l'entendre me gueuler
"Dehors ! Je ne veux pas de délinquants dans ma boutique !" avant de claquer la porte, c'est franchement pas la peine...
C'est finalement moi qui gagne la bataille : mes cheveux sont attachés en queue de cheval, bien maintenus avec deux ou trois barrettes et une tonne de gel. En espérant que ça tienne jusqu'à midi...
Je retourne dans ma chambre, attrape mon jeans, un T-shirt noir tout simple et une paire de basket. J'enfile le tout comme ça, vite fait, attache une ceinture à mon jeans, pour m'assurer qu'il ne glisse pas sur ma taille. Parce qu'un jeans qui tombe pendant qu'on court, c'est pas recommandé...
Je descends à la cuisine. Personne. Comme d'hab quoi... y'a jamais personne le matin à la maison. Je suis censée être en cours, et tous les matins, c'est la même rengaine : je me prépare, je mange et je sors rejoindre ma bande. Pourquoi changer les bonnes vieilles habitudes ? Je sors donc un paquet de cookies du placard et en mange à peine deux. Puis je bois directement mon lait à la bouteille. Ensuite je vais dans le vestibule, enfile ma veste en jeans, attrape mon sac en bandouillère et sors de la maison.
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<<POV Bill>>
Il fait chaud, j'étouffe. Je retire ma veste et la pose sur le dossier de la voiture. J'ai le dos qui dégouline. En face de moi, Georg est dans le même état, mais ne se gène pas pour le faire remarquer.
-J'en ai marre ! Quand est ce qu'on arrive ???Le pauvre, le voyage est d'autant plus dur pour lui qu'il ne supporte pas les trajets en voiture. Tom ouvre la fenêtre, ça fait un super courant d'air. Bye, la coiffure qui m'a pris trois heures ce matin... Je sors mon portable et je compose un sms pour Andréas (1).
-Vous trouvez pas que ça fait long, vous, trois mois à Berlin ? Demande Gustav entre deux gorgées de Red Bull.
-Bof, réponds mon frangin, ça nous changera un peu...Tom se retourne vers moi et éclate de rire.
-On dirait une langouste, t'es tout rouge ! Je rigole, et ouvre la fenêtre à mon tour. Je me sens tout de suite mieux. Je reconnais Berlin pas très loin. Tant mieux, il faut que je me dégourdisse les jambes, je déteste rester assis pendant des heures. J'envois mon sms et regarde défiler le paysage. Sans m'en rendre compte, je finis par m'endormir.
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<<POV Séréna>>
J'arrive au point de rendez vous. Avec ceux de la bande, on se rejoint toujours entre la bibliothèque et le kebab du quartier. Personne n'est là, à part Carla. Elle feuillette le journal, assise tranquillement sur un banc. J'aime bien son style. Elle a les cheveux entièrement rouge, long jusqu'à la moitié du dos. Elle porte toujours des lunettes noires à strass. Ses fringues aussi sont toujours noires. Elle a un peu un look d'agent secret. C'est celle de la bande avec qui je m'entends le mieux, peut-être la seule avec qui je m'entends bien, en fait. Peut être parce que c'est la seule qui cherche jamais la bagarre. Elle a trois ans de plus que moi. Lorsqu'elle m'entend arriver, elle se décale sur le banc pour me laisser une place.
-Salut, je lui fais en m'asseyant.
Ça va ?-Mouais, comme d'hab... t'as vu le journal ?-Nan, je peux te l'emprunter ?Carla ne réponds pas mais me tends le journal. Je tourne les pages machinalement, Carla me dit de regarder la page 13. Comme d'habitude, il y a un article ou deux sur des délits commis par les délinquants, et la liste des morts par overdoses. Personne à qui j'ai vraiment parlé. Il y a deux semaines, c'est le nom de notre chef de bande qui est apparut dans cette liste. Depuis, on cherche un nouveau chef. Ça cause pas mal de bagarres, d'ailleurs. Moi, je m'en fous. Être chef ou, non, qu'est ce que ça change ? On est tous dans le même bain. Quelqu'un m'arrache le journal des mains.
-Qu'est ce que tu regardes ?Je lève la tête. C'est Stacy. Je peux pas l'encadrer c'te fille. Encore moins depuis qu'elle essaye de devenir la chef du groupe. Elle fait que des conneries, juste pour faire croire qu'elle est forte. Et vu sa tête, elle a encore trouvé une idée. Cette fois, c'est pour Carla et moi.
-Lâche un peu ton journal, Séréna ! Vous savez quoi ? C'est aujourd'hui que les Tokio Hotel viennent à Berlin !-Tu t'intéresses à la musique toi ? Première nouvelle ! Réponds Carla du tac au tac.
-C'est pas pour la musique, mais là bas, y'aura un people pas possible. Un bon moyen de se faire un peu de tunes, si tu vois ce que je veux dire...-Y'aura aussi plein de poulets, avec leurs uniformes bleus et leurs sifflets !
-Oh je t'en pris, tu vas pas me dire que t'as la trouille.
-Bien sûr que non, Séréna n'a pas la trouille !Je me fige, cette voix, je la connais par coeur. C'est Chris. Je suis sortie avec une fois, je l'ai envoyé bouler lorsqu'il a commencé à se droguer. A la tête qu'il fait, je devine qu'il vient de se piquer.
-Stacy a une bonne idée, on devrait y aller, c'est pas très loin.Je me retourne vers Carla, ça n'a pas l'air de trop la déranger. On suit donc Stacy et Chris. Je ne sais pas encore dans quel guêpier je vais me fourrer...
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(1) Andréas est le prénom du meilleur ami des jumeaux.
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